Traverser le Saint-Laurent est assez facile, car il y a de nombreux lieux pour prendre un traversier, mais il faut s’y prendre tôt. Notre séjour était calculé et la date de traversée pour rejoindre la Gaspésie choisie. Nous avons dû attendre plusieurs jours avant qu’une place ne se débloque sur le traversier à partir de Godbout. Heureusement que la situation s’est débloquée car nous avions réservé nos chambres et il aurait fallu descendre bien plus bas pour trouver un autre traversier.
Il faut plus de deux heures pour atteindre l’autre rive du Saint-Laurent au petit matin à Matane et nous entrons dans la fameuse région de la Gaspésie. Sur la route qui longe la côte, entre mer et récifs montagneux, on comprend vite pourquoi cette région est si prisée. Les paysages sont très différents, entre côtes normandes ou celles du nord de l’Europe. La route, interminable, qui souvent affleure la montagne, donne envie de s’arrêter sans cesse pour photographier ces zones rocheuses à chaque fois extraordinaires. Puis, dans une baie, un petit village apparaît avec son église démesurée ; de quoi s’arrêter à un café-restaurant pour boire un café à l’américaine, que l’on vous ressert dès que la tasse est vide. Le premier soir, nous nous sommes arrêtés à l’Auberge des Belles Sœurs avec ses 4 ravissantes chambres. Dans les auberges le petit-déjeuner n’est pas compris, il faut donc petit-déjeuner ailleurs. Cependant l’auberge est située au-dessus d’un restaurent « L’eau à la bouche » qui est fabuleux pour dîner le soir.
La route est superbe tout du long de la côte nord, même si la pointe de la Gaspésie est plus prisée encore. Dans les grosses villes à la pointe : Gaspé atteint 15000 habitants seulement et Percé 4000 environs. Gaspé est une ville quelconque, cependant la Cathédrale couverte de bois est à visiter. On peut également prendre un pot dans un café-restaurant le long de l’estuaire. Percé est beaucoup plus touristique, nous y avons eu notre premier embouteillage, impliquant une dizaine de voitures… La petite ville fourmille de touristes, il est vrai que le paysage, les nombreux commerces et restaurants y contribuent beaucoup. Nous avons préféré loger un peu à l’écart de la ville, dans le gîte Chez Despard, où Lucille fut une hôtesse fabuleuse. Là encore, l’impression d’être en famille est immédiat, tout est fait pour rester dans le salon avec un bon livre, ou à boire le thé et converser avec Lucille. Nous avons profité de ce point « central » pour visiter toute la pointe, et singulièrement la voie ferrée omniprésente nous donna également quelques occasions d’admirer le paysage et les ouvrages ferroviaires en eux-mêmes. Mais ce qui restera dans notre esprit ce sont ces récifs et l’impression parfois d’être à Etretat ou en Bretagne.
Après Percé nous avons rejoint la réserve faunique de Port-Daniel qui fera l’objet d’une galerie particulière. Puis nous avons suivis la route longeant la baie des chaleurs, qui borne la côte sud de la Gaspésie. Les paysages sont peut-être moins accidentés et les villes, les villages plus nombreux avec de très belles plages. Une fois à l’embouchure, on ferme la boucle qui permet de faire tout le tour de la Gaspésie par la Vallée de la Matapédia avec une route époustouflante entre les montagnes. Nous nous sommes arrêtés à Sainte-Florence au gîte du Vieux Moulin tenu par… Madame le maire en personne ! Très dynamique, Réjeanne gère à la fois le gîte puis nous quitte pour aller gérer les préparatifs du loto géant organisé par la commune, non sans nous avoir demandé notre avis sur son discours. Le soir, un peu plus loin à la ville de Causapscal, nous nous sommes régalés au restaurant de l’Auberge La Coulée Douce ! Le service est très soigné, le menu et le vin sont mémorables. De quoi retourner gaiement à Sainte-Florence pour loger chez Madame le maire. Le lendemain une longue route nous attendait pour redescendre la rive du Saint-Laurent en direction de Montréal. Visiter la galerie.
Olivier